Les hélices de navire et les conduites
de gaz sont protégées en les reliant électriquement à une
grosse pièce de métal offrant un
potentiel inférieur à celui du
métal à protéger, comme
le zinc, l’aluminium et le magnésium.
Cet élément en métal se
corrodera progressivement et protégera
de ce fait l’élément relié.
Les exemples les plus connus de protection cathodique à anodes
sacrificielles sont :
- les coques de navires, notamment à proximité de
l’hélice en raison de la corrosion
galvanique par les éléments en
bronze (hélice et palier d’hélice)
doit être compensée par des anodes
communes.
- les cloisons de palplanches dans les murs de
quai des ports maritimes.
- les plateformes offshore.
Dans un projet de protection cathodique soigneusement étudié,
il n’est pas nécessaire d’appliquer
un revêtement (peinture). La mer du Nord
compte de nombreuses plateformes qui ne présentent
toujours pas de traces de corrosion au bout de
vingt ans. Dans un projet de protection cathodique
bien conçu, une couche protectrice de
carbonate de calcium (calcaire) se dépose
naturellement sur la surface en acier.
Il est également possible de protéger
de l’acier inoxydable avec des anodes sacrificielles.
Cette application connaît une forte croissance
parce que la combinaison de l’acier inoxydable
et d’anodes sacrificielles peut remplacer
le titane beaucoup plus coûteux. A l’heure
actuelle, le délai de livraison du titane
est extrêmement long et peut facilement
prendre jusqu’à trois ans. Entre
autres applications de protection cathodique
de l’acier inoxydable, citons les échangeurs
de chaleur, les canalisations offshore et les
pompes. Un projet rigoureusement étudié est
indispensable parce qu’une protection excessive
ou insuffisante peut s’avérer néfaste
pour la construction. Des modèles avancés
pour le calcul du courant et du potentiel sont
disponibles. Les derniers développements
concernent les circuits électroniques
alimentés par les anodes sacrificielles,
qui peuvent réguler ou faire pulser les
anodes. L’anode autonome devient ainsi
intelligente et le potentiel du courant est régulé automatiquement
par les conditions changeantes telles que la
conductibilité spécifique de l’eau
(dans les régions côtières)
ou le changement de la résistance du système
de protection total. L’anode peut également être
rendue pulsatoire avec ces circuits, ce qui prévient
la formation de bio-salissures.
Un bon projet de protection cathodique prévient
la corrosion galvanique. Par exemple, on prévient
la corrosion galvanique d’un caisson en
acier ou de pompes marines en acier inoxydable
en installant sur le duplex des anodes sur des
rehausseurs en inox. De cette manière,
le caisson en acier ne se corrodera pas, mais
bien l’anode sacrificielle sur le rehausseur
en acier inoxydable. L’acier inoxydable
est simultanément protégé par
les anodes.
Protection cathodique
avec un système à courant
imposé
Un système à courant imposé utilise
des anodes inertes qui présentent une
très grande longévité. Un
système à courant imposé est également
appliqué sur les grandes surfaces à protéger
(canalisations, murs de quais, parcs à réservoirs
de stockage...) où il faudrait sinon un
trop grand nombre d’anodes galvaniques
(Mg, Zn, Al) pour protéger l’objet
(la cathode). Un système à courant
imposé peut également corriger
automatiquement le courant de protection en fonction
de certaines conditions de sol variables (niveau
phréatique, courants de fuite...).
Protection contre les courants vagabonds
L’abaissement du potentiel aux endroits
sensibles au moyen d’anodes sacrificielles
ou de courant imposé permet de lutter
contre la corrosion par les courants vagabonds.
Les risques de courant vagabonds sont les plus
importants dans le cas des canalisations parallèles à des
voies de train ou de tram, par exemple dans des
tunnels. En réalisant des connexions transversales
suffisamment conductrices entre le rail et la
canalisation, la conductibilité parallèle
augmente mais la corrosion diminue. Car il y
a alors beaucoup moins de points d’entrée
et de sortie pour le courant continu.
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